Episode 9: Spiritualité, oui, mais incarnée!

Le « réveil » de conscience est souvent associé à des sensations particulières, l’apparition de « facultés » et de ressentis que l’on ne connaissait pas avant, et il est tentant de rester dans cela, de vivre uniquement via le prisme de la spiritualité, quitte à s’éloigner des considérations matérielles et de la vie de tous les jours. Nombreux sont ceux à avoir changé de métier (j’en fais partie, partiellement du moins), investi des sommes parfois considérables en formation, stages, retraites et autres objets liés à la spiritualité (j’en fais partie aussi), et si cela est juste pour la personne, alors c’est ok.

Là où il y a un risque, selon moi, et cela n’engage que moi, c’est quand la personne vit toute sa vie sous ce prisme-là, n’a à la bouche que le vocabulaire lié aux âmes, aux synchronicités, aux blessures de l’âme, au quantique, et j’en passe. En effet, selon moi, si l’on souhaite être connecté à l’invisible, au Divin, l’Univers, le Grand Tout (chacun prend ce qui resonne) de manière saine et équilibrée, il est indispensable d’être ANCRE, à la Mère Terre, dans son corps physique, dans sa vie de matière, sa famille… Et c’est en général là que l’on commence à ressentir un certain alignement, que l’on a en général moins besoin de s’en remettre aux cartes, aux guidances extérieures à la nôtre, aux pierres et autres bracelets (même si cela n’exclut évidemment pas de s’en servir, dans une juste mesure), pour trouver de quoi rassurer nos peurs. C’est ce que j’aime (et je ne suis pas la seule) appeler la sécurité intérieure.

Dans ce processus que j’observe depuis plusieurs années en moi et autour de moi, j’ai le sentiment, qu’avant de trouver une voie du milieu, et comme dans tout plein d’autres contextes d’ailleurs, on peut avoir tendance à aller dans un extrême, puis dans un autre, avant de trouver ce juste milieu. Je m’explique. Le « Réveil » est en général associé à un premier voile de l’illusion qui tombe sur la réalité de la vie telle qu’on la percevait jusqu’alors, et l’ouverture à l’invisible, aux signes et autres perceptions subtiles donne accès à un tout nouveau champ. S’en suit alors possiblement une soif de découvrir, d’expérimenter, dans un monde qui nous était étranger ou lointain (et peut être un peu bizarre) avant cela. J’ai le souvenir, dans cette période d’ouverture, d’avoir eu besoin de me raccrocher à la parole, aux idées et perceptions d’autres personnes que je considérais comme plus « connectée » et détenant la connaissance, avec un besoin de validation externe, là où cette ouverture m’avait aussi fait perdre bien des repères. Ceci m’a amené par exemple à donner plus de crédit aux avis et paroles de certaines personnes, thérapeutes, personnes « connectées », qu’à la mienne, accroissant par la même occasion mon sentiment d’infériorité par rapport à eux, pour ne pas aider…

Et peu à peu, au fil de ce chemin, du travail sur moi, des étapes franchies, des nettoyages et libérations vécues, et des décisions prises dans ma vie, j’ai bien senti que je reprenais peu à peu ma souveraineté, au fur et à mesure que je sentais que je recommençais à trouver un ancrage en moi, par moi-même, sur mes deux jambes dans ma vie. Et j’ai pu enfin expérimenter et comprendre ce que les phrases suivantes voulaient dire, et que seule l’expérience peut nous permettre de saisir, par la pratique : « la réponse est en toi » ; ou encore « tu es ton propre sauveur »… Et plus je l’expérimentais, plus la frontière entre spiritualité et incarnation s’est affinée. S’en est suivie une présence accrue dans ma vie, une capacité accrue à m’émerveiller, à être dans la gratitude quotidienne pour cette vie, à avoir foi en ce qui est même quand ça ne va pas, à avoir foi dans le fait que l’on est soutenus, guidés, entendus, même si nos cinq sens ne nous permettent pas de le vérifier. Je me souviens d’une phrase que m’avait dite ma formatrice et amie, durant ma formation comme professeur de yoga et qui prend désormais tout son sens : « Personne ne devrait parvenir à distinguer, visuellement parlant, que tu es professeur de yoga… » En effet, la spiritualité s’incarne dans nos valeurs, dans notre manière de voir et de vivre notre vie, et nos pratiques spirituelles font partie de notre intimité. Oui, j’ai une pratique personnelle qui m’accompagne sur mon chemin de vie, oui j’ai des croyances et des pratiques qui me permettent une reliance au Divin (rituels, prières, méditation, auto-soins…) mais tout ceci fait partie de l’intimité de chacun, et n’a, selon moi, nul besoin d’être montré aux autres, sauf peut-être pour satisfaire notre ego.

Alors oui, cela ne signifie pas qu’un accompagnement par des thérapeutes, et les outils tels que les cartes, les pierres, le pendule, soit à exclure, loin de là, et je me fais moi-même accompagner, mais il est important que tout cela reste des soutiens à notre guidance intérieure, qui selon moi est notre principal guide. Et la vie m’a appris, mais là encore, c’est très subjectif, qu’il est important de laisser de l’espace à cette guidance intérieure, cette petite voix, et que se retirer dans le silence, la solitude et le calme, loin du bruit et des sollicitations est un moyen très efficace pour y parvenir, même si, et cela est un autre sujet, cela revient à apprendre peu à peu à se sentir bien avec soi-même, et n’est pas toujours confortable… Mais pas d’inquiétude, cela aussi, ça s’apprend et c’est précieux.

Et c’est là que, pour conclure, on saisit encore mieux ce que signifie cette phrase du Petit Prince d’Antoine de St Exupéry qui me guide au quotidien : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » Alors oui, je suis profondément convaincue que chaque être a à vivre sa spiritualité et est, je le crois, un être spirituel avant tout, mais un être spirituel incarné dans un corps physique, venu expérimenter la matière… Alors, ANCRAGE à la Terre évidemment, et au Ciel également, et Foi en la Vie.

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